Article dédicacé à VaeSoli et mille vies en une qui m'en ont soufflé l'idée et à qui je fais des bisous pas partout !

Enfant, mes critères de choix pour mes vêtements étaient : a) confortables et b) ne craignant pas d'être portés pour aller jouer dans le jardin. Adolescente, j'ai découvert les joies du jean-qui-va-à-merveille, des cheveux-qu'on-peut-lisser, du maquillage-qui-cache-les-cernes, de la cire-qui-vire-le-poil-aux-pattes-pour-trois-semaines, etc.

Jeune étudiante, j'ai réalisé avec horreur que je faisais certains efforts par pression sociale plus que pour moi-même... alors j'ai arrêté. De me lisser les cheveux tout le temps, par exemple, car j'aime mes cheveux bouclés, même quand ils me font ressembler à Hermione Granger dans le premier opus d'Harry Potter.

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Source : thegloss.com

Quand je fais des efforts de coiffure-habillement-maquillage, il m'arrive souvent des pépins.

"Psst, psst, Coco, tu as du rouge à lèvres sur les dents."
"Tu as du frotter ton oeil, tu as du maquillage partout."
"C'est dommage que tu aies choisi le total look noir et que tu aies rencontré en route des gens qui jettaient de la farine dans le cadre d'une intégration." (N'est-ce pas !)
"Aaaah, mon élastique a craqué, ma coiffure se fait la malle !"

Inversement, il m'arrive de recevoir des compliments alors que je suis dans un état pathétique. Quelques exemples.

Les vêtements (beaucoup) trop grands

Je travaille comme caissière pour les vacances. Le premier jour, on me demande quelle est ma taille de vêtements, pour me donner mon tee-shirt. Je réponds que je porte du M et ma responsable commence à chercher le nécessaire dans un carton.

"On n'a plus de M. Tu as une petite carrure, du S t'irait."
"On n'a plus de S. Tu es vraiment toute fine, du XS devrait faire l'affaire."
"On n'a plus de XS. Tant pis, à la guerre comme à la guerre, je vais te donner du L."
"Mince, on n'a plus de L, tu vas être obligée de porter du XL..."
"En fait, il n'y a que du XXL ou du XXXL. Je te donne du XXL ?"

Pas de souci ! J'enfile mon tee-shirt trop grand de 4 tailles. Je ressemble plus à un sac cabas de l'enseigne qu'à une caissière mais bon, je ne suis pas là pour être jolie, alors peu m'importe.

Une vieille dame passe à ma caisse. Elle me demande, amusée : "Pas trop grand, votre tee-shirt ?" Je lui réponds, souriante, que c'est moi qui suis trop petite pour lui. Elle rit et me dit : "C'est quand même dommage de cacher une si jolie jeune fille dans un vêtement pas adapté." Euh... Merci ?

De la boue (vraiment) partout

Un jour d'automne pluvieux, je vais me promener en forêt avec mon chien. Derrière nous, la sonnette d'un vélo résonne. Je donne à mon chien l'ordre de s'écarter et je m'écarte également. Le vélo me frôle et, de peur de le déséquilibrer, je recule, glisse et tombe de tout mon long, sur le côté.

J'ai de la boue sur tout le côté droit du corps, du visage et dans les cheveux. Je n'ai pas de mouchoir et pas d'eau alors, en essayant de me débarbouiller la figure, je n'arrive qu'à étaler la boue davantage. Glamour. Je peste quelques minutes contre ce cycliste, qui ne s'est même pas arrêté ni excusé bien qu'il ait vu ma chute. J'hésite à rentrer prématurément puis je me décide à continuer la promenade car, après tout, je ne crains plus grand chose.

Tandis que nous quittons le bois, nous rencontrons un homme qui me lance : "Pas trop de boue dans la forêt, par ce beau temps ?". Je lui réponds que non, il n'y en a pas trop et même pas assez. Il me regarde étonné. Je désigne mon visage à moitié recouvert de boue et je lui dis : "Regardez, il n'y en a même pas assez pour faire un masque entier du visage !". Il rit et me dit que la boue séchée me va bien, parce que les craquelures mettent en évidence mon beau sourire. Euh... Merci ?

La robe qui me donnait l'apparence d'un sac à patates

Je cherche une robe pour passer le Nouvel An avec des amis. La vendeuse me fait essayer une robe qui ne me va pas du tout, cachant ma taille marquée, marquant mes épaules et mes hanches un peu larges et me rapetissant. Elle m'assure que cette tenue est MA-GNI-FIQUE (sors de ce corps Christina). Un jeune homme, qui accompagne sa mère âgée, rit ouvertement. Je me retourne vers lui, surprise. Il me dit : "Vous devriez prendre cette robe si vous voulez rendre d'autres femmes jalouses. Elle ne vous va pas du tout et, malgré tout, vous êtes très belle. Elles seront vertes que vous soyiez si mignonne dans une tenue qui vous va si mal." J'ai ri. La vendeuse s'est vexée. Oups.

Le tee-shirt loose et le jogging

Mon premier petit ami vient de me quitter. A ma grande surprise, je ne suis pas particulièrement déprimée, j'ai juste très envie de prendre du temps pour moi, pour me détendre.

J+2 après la rupture, il est 10h, je suis encore en pyjama en train de regarder Scooby Doo à la télévision et il me vient l'envie d'aller bouquiner dans le parc à côté de chez moi. Prise d'une flemme colossale, je me douche et fais quelque chose qui ne m'est pas du tout habituel : j'enfile un tee-shirt loose et un jogging.

Et hop, au parc ! Je m'allonge dans l'herbe et je bouquine. Je suis sortie de ma lecture par des filles que j'entends pérorer sur mon dos : "Je ne comprends pas comment on peut se laisser aller. Regarde la fille avec le livre rouge, avec ses cheveux fous, son jogging, son tee-shirt informe. Avec un peu d'effort et de maquillage, ça pourrait être une jolie fille." Je t'entends, en fait, grognasse. Je les fusille du regard et m'apprête à retourner à ma lecture quand le jeune homme à côté de moi se tourne vers moi pour me dire : "C'est vrai, vous pourriez être une jolie fille si vous vous maquilliez..." Sans attendre la fin de sa phrase, je le fusille du regard. Il termine néanmoins sa phrase : "... alors que sans apparat, il est juste évident que vous êtes une très jolie fille." Puis il retourne à sa lecture. Oh. Merci.

La combinaison-pyjama polaire à nounours

Je dors chez Melle Copinette parce qu'elle n'a pas le moral suite à une rupture. On passe la soirée à regarder Bridget Jones et L'accro du shopping en mangeant des chamallows, du popcorn et en buvant du chocolat chaud. Je suis une lève-tôt, ma copine est une marmotte. Réveillée, je débarrasse et, en jetant les emballages de la veille, je remarque que la poubelle est pleine. Je décide de la sortir.

En remontant, la porte s'est reclaquée derrière moi et il est impossible de l'ouvrir de l'extérieur. Je redescends pour sonner à l'interphone et réveiller Melle Copinette pour qu'elle m'ouvre. Dans l'entrée, je croise son voisin qui me regarde d'un drôle d'air. Me rappelant soudainement que je suis restée dans ma combinaison-pyjama polaire avec des nounours parce qu'à la base je devais "juste faire une excursion ninja jusqu'aux poubelles", je comprends mieux son regard perplexe.

Je souris, hausse les épaules et lui dit : "D'habitude, je ne me promène pas comme cause en dehors de l'asile dans lequel je suis internée mais j'ai décidé de faire une exception." Il me regarde bizarrement. Mince, il n'a pas compris le second degré, il va appeler la police persuadé qu'il y a une folle dans son immeuble ! Je vois finalement un éclair de compréhension traverser son regard. Il rit et me dit : "Ce qui me surprend le plus, c'est que ce pyjama ne ressemble à rien mais que vous, si." Euh... Merci ? Réalisant la tournure maladroite de sa phrase, il s'est dépêché de se reprendre : "Enfin, jolie. Je veux dire jolie."

Sur ce, Melle Copinette, qui s'inquiétait de ne pas me voir arriver alors qu'elle m'avait ouvert la porte est arrivée dans l'entrée, l'oeil hagard de la marmotte réveillée violemment, en pyjama-licorne. Avec son voisin, nous nous sommes regardés et nous avons ri. Melle Copinette a grogné.

Que de bons moments passés grâce à des tenues tenant du grand n'importe quoi ! Et toi, tu connais ce genre d'histoires ? Raconte-nous <3