Je n'ai pas voté pour Emmanuel Macron. Ni au premier, ni au second tour. J'ai voté pour ce que les médias appellent un "petit candidat" au premier tour, blanc au second.

Depuis l'annonce de l'élection "du plus jeune Président de la République Française" (tiens, ça fait une belle jambe qu'il soit le plus jeune ; et même, j'en ai une deuxième, de jambe, parce que c'est plus pratique pour tenir debout), sur les réseaux sociaux, je ne cesse de voir cette phrase : "Macron n'est pas mon président."

Et vous savez quoi ? Je n'ai pas voté pour lui et, pourtant, Macron est mon président. (Enfin, pour être précise, il le sera à partir de son investiture, le 14 mai.) Pourquoi ? Parce que les Français l'ont élu et que je respecte le choix des Français.

 

Source : pixabay.fr par johnhain

Quand je partage cet avis sur les réseaux sociaux, je reçois toujours les mêmes réponses...

Comment peux-tu dire que les Français l'ont élu alors qu'environ un quart d'entre eux s'est abstenu ?

L'abstention, sauf exception (maladie, accident, etc.), c'est un choix. C'est un choix que chaque abstentionniste fait pour une raison ou pour une autre, en son âme et conscience. Certains le font parce qu'ils préfèrent aller pêcher que se rendre aux urnes, d'autres parce qu'ils ne voient pas l'intérêt de se déplacer pour voter blanc en l'absence de reconnaissance de celui-ci, etc. Peu importe. Ils font un choix.

Et que dis-tu des 4,2 millions d'entre eux ont voté blanc ou nul, justement ?

Là encore, sauf exception, voter blanc, voter nul, c'est un choix.

Et alors, où tu veux en venir ?

Et alors, les Français ont fait un choix. Certains ont fait le choix de voter Macron, certains ont fait le choix de voter Le Pen, certains ont fait le choix de voter blanc, certains ont fait le choix de ne pas voter. Chacun a fait son choix en connaissant les règles du jeu : celui ou celle qui recevait le plus de voix remportait l'élection. C'est aussi simple que ça.

Sans vouloir me montrer vexante, les personnes qui disent "Ce n'est pas mon président", me font penser à mon cousin (appelons-le Marc) quand, enfants, nous jouions au jeu de société La Bonne Paye.

Il est plus jeune que moi. Avant de jouer, je lui expliquais : "Quand tu tombes sur une case où tu peux acheter quelque chose, tu es libre de l'acheter ou non. Par contre, tu ne pourras revendre ton objet que sur une case "Vendez !". Si à la fin du jeu tu n'as pas tout vendu, c'est de l'argent de perdu, alors réfléchis bien avant d'agir. OK ?".

Vous imaginez aisément la suite : Marc acquiesçait, on jouait, il achetait beaucoup d'objets qu'il ne savait pas revendre, il perdait de l'argent - donc la partie - et il boudait.

Pourquoi ? Les règles étaient pourtant claires, non ?

Et si les règles sont mauvaises ? Mal appliquées ?

Comme beaucoup, je suis déçue par notre vie politique. Entre autres, je suis agacée par ces personnes qui n'ont jamais été dans le besoin qui nous parlent d'austérité. Je suis également presque plus dépitée de voir les affaires se multiplier que mes boutons d'acné à l'adolescence.

Quand les règles sont mauvaises ou mal appliquées, on s'attache à les changer. En élisant nos représentants et, s'ils ne font pas leur travail, en oeuvrant pour qu'ils le fassent. Beaucoup des chieurs râleurs que je connais ne se sont jamais engagés pour tenter de changer les choses car "nous sommes insignifiants, nous ne pouvons rien faire". Ah, c'est sûr qu'avec cet état d'esprit, on va faire avancer le schmilblick.

Gna gna gna, toi qui sais tout mieux que tout le monde, dis-nous comment nous devrions réagir !

D'une, je ne pense pas mieux savoir quoi que ce soit que quiconque. J'ai conscience de la nature personnelle de mon avis. Je respecte l'avis des autres, tant qu'on ne cherche pas à me l'imposer (auquel cas, je mords).

De deux, chacun réagit comme il veut !

De trois, pour ma part, j'ai décidé de considérer que la France a fait un choix et j'ai décidé de le respecter. J'ai décidé d'y croire. J'ai décidé d'attendre et de voir ce qu'il se passe. J'ai décidé d'être confiante et d'espérer que notre France, fracturée, sera capable de renaître de ses cendres comme elle l'a déjà fait à maintes reprise.

Je suis intimement convaincue que seule l'unité nous permettra de construire un avenir meilleur. C'est pourquoi j'ai décidé de me dire que, que j'ai voté pour lui ou non, Macron est mon président.